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Mickey 17, le dernier film de Bong Joon-ho, est une expérience cinématographique captivante qui mêle habilement science-fiction, comédie noire et satire politique. Adapté du livre Mickey 7 d’Edward Ashton publié en 2022, il en reprend la plupart des idées, adaptées au grand écran par le réalisateur lui même.

L’histoire suit Mickey Barnes, un « remplaçable » qui s’engage dans une expédition spatiale pour coloniser la planète glacée Niflheim. En tant que remplaçable, Mickey est chargé de tester les dangers potentiels pour la mission, et chaque fois qu’il meurt, sa conscience est sauvegardée et ré-imprimée dans un nouveau corps, conservant la plupart de ses souvenirs. Cependant, un bug survient lorsque Mickey 18 est créé alors que Mickey 17 n’est pas encore mort, entraînant des complications et des conflits entre les différentes itérations de Mickey. 

La première moitié du film est particulièrement réussie, offrant un cocktail explosif d’idées originales, d’humour décalé et de commentaires sociaux incisifs.

Robert Pattinson livre une performance exceptionnelle dans le rôle-titre, incarnant à la fois Mickey 17 et Mickey 18 avec une polyvalence impressionnante. L’acteur démontre une fois de plus qu’il est l’un des talents les plus versatiles de sa génération, passant d’un personnage naïf et maladroit à un alter ego plus sombre avec une aisance remarquable. Sa capacité à jouer contre lui-même dans certaines scènes est particulièrement fascinante et ajoute une dimension supplémentaire à l’intrigue.

Le film brille par son exploration des thèmes chers à Bong Joon-ho, tels que le capitalisme, la colonisation et la corruption, le tout enveloppé dans une narration à la fois drôle et profondément réflexive. La mise en scène est inventive, jonglant entre des moments de pure comédie et des séquences plus sombres. Un scenario assez éloigné de son brillant Parasite, mais qui captive tout de même. Les personnages sont marqués, attachants ou détestables. Le personnages de Mark Ruffalo, caricature à peine dissimulées de Trump, un poil en sur-jeu, prête tout de même à rire.

Cependant, la deuxième moitié du film perd un peu de son élan initial. Bien que toujours intéressante, cette partie devient plus statique et linéaire, tirant parfois en longueur. Le réalisateur Coréen nous propose un final bien plus hollywoodien qu’a son habitude. (Warner ayant surement eu son mot à dire.)

En somme, Mickey 17 est un film qui vaut le détour, ne serait-ce que pour admirer la performance magistrale de Robert Pattinson et se plonger dans l’univers unique et dérangeant créé par Bong Joon-ho. C’est une œuvre qui, malgré quelques longueurs dans sa seconde partie, parvient à captiver et à faire réfléchir, confirmant une fois de plus le talent exceptionnel de son réalisateur.

Mickey 17, réalisé par Bong Joon-Ho, au cinéma depuis le 5 mars 2025.